À 91 centimètres de soi
Jérémy Clapin, né le 13 février 1974 à Paris, est un réalisateur de films d’animation français.
Parmi ses œuvres, Skhizein — dont le titre vient du grec schizophrenia — est un court-métrage marquant, salué en festivals pour sa manière d’explorer la distance psychologique et physique à travers une narration originale et poétique.
Dire l’indicible
Le but du projet était de traduire visuellement cette dualité intérieure — la perte de repères, le décalage, l’isolement — tout en évoquant le lien entre traumatisme et perception.
Il s’agissait de concevoir une affiche qui rende perceptible la violence du choc émotionnel et le désalignement entre le corps et l’esprit du personnage principal.
Composer avec la fracture
À travers le travail graphique, j’ai cherché à matérialiser ce dédoublement par une mise en page fragmentée, où chaque élément semble légèrement déplacé.
Les espaces vides et la typographie jouent sur la notion de déséquilibre visuel, évoquant le décalage de 91 centimètres qui sépare le personnage de sa réalité.
Faire sentir le décalage
La création repose sur une palette sobre et contrastée, privilégiant les gris, les blancs et les noirs, en écho à l’atmosphère introspective du film.
Le choix du papier fin et du détachement des pages renforce la sensation de fragilité et d’incomplétude.
L’objectif était de traduire cette schizophrénie visuelle par une composition volontairement lacunaire, où le spectateur reconstitue ce qui manque.
Recoller les morceaux
Le projet rend hommage à l’univers sensible de Jérémy Clapin en proposant une lecture graphique de la maladie mentale et du dédoublement identitaire.
L’affiche invite à une expérience de perception : le spectateur cherche à combler les vides, à recoller les fragments, comme le personnage tente de se réaligner avec lui-même.